Poèmes

Sonnet Lxxxi

par Siméon-Guillaume de la Roque

Faut il que ces vallons, doux séjours du silence,
Soient tant importunez des accens de ma voix ?
Helas quel tort m'ont fait les arbres de ces bois
Pour leur graver au sein le suject qui m'offense,

Pourquoy faut-il ainsi poussé d'impatience

Que je trouble ces eaux tous les jours tant de fois ?
Pourquoy vay je fouler les fleurs en tant d'endroits,
Ces fleurs qui de mon mal souffrent par innocence :

Mais vous m'excuserez arbres, fleurs, et ruisseaux,
Qui sentistes jadis les semblables travaux
Quand vostre corps sensible erroit parmy ces plaines,

Pour ne sentir le mal qui me rend langoureux,
Helas ! je voudrais estre en ces bois ombrageux
Transformé comme vous pour ne sentir mes peines.


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