Poèmes

Paroles de Narcisse - III

par Martineau Philippe

Alors que l’eau du lac est assoupie et pure
et que le moindre souffle en menace le somme,
je crains que mon reflet n’échappe à ma nature
et ne devienne au fond l’esclave d’un autre homme.

─ Ô toi qui m’es jumeau jusques au moindre trait
et qui gardes ma pose afin qu’on nous confonde,
on dirait que tes yeux m’en veulent d’être vrai
et de n’avoir point bu ton essence profonde !

Que n’émerges-tu donc en réponse à ma crainte ?
Abandonne l'abîme aux songes d’autres bords
et marche sur sa peau sans y laisser d’empreinte,
à peine quelques pas nous séparent encor.

Mais sans doute sens-tu qu’aimer est un exil
et ne cherches-tu guère à te mettre en danger,
ô toi qui m’es jumeau jusques au moindre cil
et qui gardes la pose, alors que j’ai bougé.

Alors que l’eau du lac est encore assoupie
et que le moindre souffle en menace le somme,
je crains que mon image n’ait changé de vie
et ne soit parvenue à devenir un homme.

Extrait de: 
A FLEUR D'EAU (http://enmotdiese.free.fr/a_auteurs.htm#martineau_afleurdeau)



Poème publié et mis à jour le: 11 juin 2019

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