Poèmes

En Pincez-Vous Pour moi

par Martineau Philippe

En pinciez-vous pour moi, m’étiez-vous assez brune ?
Nous parlions d’autre chose, assis bien sagement,
quand l’un de vos cheveux, comme un rayon de lune,
effleura mon visage – on ne sut pas comment.

Songez au crépuscule où nous lûmes ensemble
un poème de vous (qui me parut de moi),
quand l’une de mes mains, comme une onde qui tremble,
effleura votre jupe et en perçut l'émoi.

Rappelez-vous la scène où les nœuds se défirent :
votre cœur avança sur la pointe des seins.
Rappelez-vous comment nos deux bouches s’unirent
et jusqu’où votre miel attira mes essaims.

Rappelez-vous qu’à l’heure où vous fûtes Elvire,
où la fouille sans gants dégaina nos secrets,
rappelez-vous combien, sans nul mot pour le dire,
nous connûmes l’essor et brisâmes les rets.

Souvenez-vous du soir où chacun eut un rôle
et de l’aube où je fus l’unique survivant.
Soyez ensevelie au plus proche d’un saule
afin que son feuillage envahisse le vent.

Extrait de: 
PANTIN (http://enmotdiese.free.fr/a_auteurs.htm#martineau_pantin)

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