Poèmes

Soupe a Arcs

par Flora Tahavi

L délaissse un instant sa soupe aux passes en S et commence avec des algues vives le lent travail délicieux de coiffer ses beaux cheveux bleus. La soupe légère et incurvée et serpentine ne peut que difficilement brûler, elle sait se rafraîchir elle même, elle est faite de fraîcheur qui sait flamber puis luire comme un esprit. Le ventre nu de L (elle cuisine comme elle fait l'amour, exactement) a des reflets de menthe. Elle rêve, dans le ressac de sa main lente et lisse.

A la regarder vite et longuement, à poser sur elle le calme baiser du regard de la Durée, à la voir endurer son plaisir et sa rêverie espiègle, à verser quelques larmes de sperme et de joie au soleil de cette jeune beauté cuisinant à cru langoustes et zourites dans des marmites de coriandre et de menthe, à voir l'orient natal de cet être lavant paresseusement ses longues mains dans l'eau de violette noire de ses cheveux, orant donc devant elle, L, Flora aussi bien, il vient des images d'enfants qui dansent ou rêvent.

Il vient aussi une envie saine et violente de baiser sans fin.

Une surrection définitive et fulgurante de l'être.

On sent un peu alors ce que peut un corps.

Il n'y a qu'un corps, n'est-ce pas ?

On finit par ce dire que L se nomme en vrai Anita, Laurence, Flora, Tristan, Héloïse, Djema, Zahira, Emmanuelle, Nathalie.

On vit dans le souffle souple et tendu à rompre de l'Arc.

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