Poèmes

Anti-Orphée

par Flora Tahavi

 "Orphée […] la reçoit sous cette condition, qu'il ne tournera pas ses regards en arrière jusqu'à ce qu'il soit sorti des vallées de l'Averne ; sinon, cette faveur sera rendue vaine. […] Ils n'étaient plus éloignés, la limite franchie, de fouler la surface de la terre ; Orphée, tremblant qu'Eurydice ne disparût et avide de la contempler, tourna, entraîné par l'amour, les yeux vers elle ; aussitôt elle recula, et la malheureuse, tendant les bras, s'efforçant d'être retenue par lui, de le retenir, ne saisit que l'air inconsistant. »

Ovide, Métamorphoses ,
 

qui a morflé au morfil aigü et élastique de l'éclipse
qui eut qui a l'audace marine de désaisir dans les heurts de l'aventure

qui traîne zara et monica vers les mares mornes de l'avare norme énorme monde des vivants
qui sifflote ricane devant mains dans les poches dans la joie rance de bientôt
exposer ses filles dans les vitres et les projecteurs de la surface
quel maquereau lyrique obscènement sur la femme se retourne encore en une ultime revue
qui s'entend avec Hadès dans la ruse boueuse des filières des passes
qui ne sut rien des sources de l'air qui se promène et jamais n'erre
qui au regard furieux scopique écrase les mûres de tes seins
tes seins ton soleil ardente lyre
qui le sous fifre au fifre nauséabond
qui moisit jaunâtre dans les banques de l'or fait putréfié
ton chant est un pet chancreux une colique un bain de mort
une station d'épuration académique une pharmacie
piteux petit sultan grec je serai ton cosaque zaporogue
qui contrefait n'est pas à la hauteur nain geignard
tahavi va au vide comme à sa mère sa fille zara monica louise va au vide
toi porc fait tu vas vain Ovide aux filets tendus d'investissements

las le nord m'a comme perdu dans ses yeux c'est une pièce à côté
las la gaze de toutes les mydriases d'ailleurs là zara halète retenue découverte
Eurydice dissimule sa peine seule elle donne
donne ses seins ses mains et son éternité à l'air inconsistant

logis ô mon logis mon étroit liré dans les vagues du désordre
la poussière de ton absence par ton absence envase mes pauvres chaises
et les fauteuils-club de némésis au cuir délaissé reviens donc mon aimée
il faut cirer toutes les pompes d'athènes
et les rideaux du récital tout pliés et verts ô reviens chère Dice les issues sont sales
l'on aime pas trop la poussière et les cendres dans nos parages
tous ces poils ces chutes de violettes noires ces cirons ces tampons de sirènes
j'ai su j'ai su par la ruse des jingles j'ai pu
moucher tigres et satyres chacals hurleurs fous
mais les puces l'intense tique les souris et l'ennui lent des méduses rêveuses
il faut ton chiffon ô belle ton balai à grillons morts ô cendrillon
c'est un soir blanc sur la mer l'ennui y rayonne
les tapis sont impeccables et raisonnables tu sais y faire
dans l'huile verte et or grillent des beignets de cygnes des bouts de hase
le grand pan s'est pendu on entend ma lyre les autres feux dans les yeux sont éteints
tu me racontes l'Averne mes amis applaudissent et gonflent

au loin sous le ciel ouvert le bruit cliquetis des traqueurs
des petites filles passent en silence
rieuses dans l'ombre protectrice des basilics

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Retour au Top