Poèmes

Sonnet Xii - Sonnet

par Agrippa D'aubigné

Souhaitte qui voudra la mort inopinée

D'un plomb meurtrier et prompt au hazard envoyé,
D'un coutelas bouchier, d'un boulet foudroyé,
Crever poudreux, sanglant, au champ d'une journée.

Souhaitte qui voudra une mort entourée
De médecins, de pleurs, et un lit coutoyé
D'héritiers, de criards, puis estre convoyé
De cent torches en feu à la fosse ordonnée.

Je ne veux pour la solde estre au champ terrassé,
On en est aujourd'huy trop mal recompensé ;
Je trouve l'autre mort longue, bigotte et folle.

Quoy donc ? brusler d'amour que
Diane en douleurs
Serre ma triste cendre infuse dans mes pleurs,
Puis au sein d'Artemise* un tombeau de
Mausoie*.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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