Sonnet X - Sonnet, Agrippa D'aubigné
Poèmes

Sonnet X - Sonnet

par Agrippa D'aubigné

Ce qui a esgalé aux cheveulx de la terre

Les tours et les chasteaux qui transpercent les deux,

Ce qui a renversé les palais orgueilleux,

Les sceptres indomptez eslevez par la guerre,

Ce n'est pas l'ennemy qui un gros camp asserre,
Menace et vient de loin, redouté, furieux :
Ce sont les citoyens, esmeuz, armés contr' eux,
Le bourgeois mutiné qui soy-mesme s'enferre.

Tous mes autres haineux m'attaquant n'avoyent peu
Consommer mon espoir, comme font peu à peu
Le débat de mes sens, mon courage inutile,

Mes souspirs eschauffez, mes désirs insolents,
Mes regrets impuissants, mes sanglots violents,
Qui font de ma raison une guerre civile.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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