Poèmes

Le Corps du Verbe - Sonnet

par Alain Bosquet

Alain Bosquet

Regarde-moi : je ne suis point, mais si j'étais, je serais le poumon du poème.
Attends-moi : je n'ai rien résolu ; et le chant de l'absence n'a pas su me dissoudre.
Ainsi que le vautour,

j'hésite : faudrait-il dévorer l'alphabet

ou s'acharner plutôt sur la douce musique

qui donne un cœur au verbe, à son insu.
Prends-moi

pour me prouver enfin que je suis une forme,

un besoin de matière, un peu de peau qui souffre.
Choisis-moi un destin de texte ou de regard, de consonne ou de chair.
J'ai trop de discipline

pour me faire
Tangage.
Aide-moi : sans ivresse, je ne saurais désincarner ce corps trop lourd, ni incarner cette parole où tout est brume.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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