Poèmes

Spectacle - Sonnet

par Alain Bosquet

Alain Bosquet

Je ne suis qu'un grand cirque en faillite.
Mes fauves refusent de sauter dans le cercle de feu.
Mes dompteurs sont en grève, et mes clowns

fatigués.
Le spectacle pourtant continue, le public

sachant qu'au dernier acte on dévore un poète ou que, perché sur un trapèze, il se fracasse pour s'entendre applaudir.
Ce soir, entrée gratuite : je te dirai combien, foule imbécile, un zèbre

est plus intelligent que toi.
Je lancerai

de vrais poignards sur ta poitrine et, à la fin,

le chapiteau s'écroulera : quinze ou vingt morts,

ce sera ma vengeance.
Il restera, j'espère, pour le repas du tigre et celui des crotales, quelques enfants dodus et comme émerveillés.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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