Jeanne le Bolloch, Max Jacob
Poèmes

Jeanne le Bolloch

par Max Jacob

Max Jacob

Un nouveau gwerz a été composé au bourg de
Saint-Goazec-en-Léon.

Un nouveau gwerz a été composé : c'est au sujet de cette pauvre
Jeanne
Le
Bolloch.

Au sujet de
Jeanne
Le
Bolloch qui est morte en couches à
Saint-Goazec-de-Léon.

Là il y avait une prairie d'avoine, une prairie d'avoine était là où l'herbe était bonne à couper.

Le
Comte de
Tregoat,
Sire de
Saint-Goazec, sur cette prairie parlait à
Jeanne.

Il lui parlait pour son malheur, son malheur à lui-même, comte et sire comme il était.

•L'amour est bon comme le sucre, bon pour attirer le monde.
Jeanne
Le
Bolloch a risqué son
Paradis et le comte de
Tregoat de même.

Aujourd'hui
Jeanne est sur le lit de la mort avec un enfant dans les bras.

«
Pardonnez-moi, mon
Seigneur
Dieu, pardonnez-moi selon votre promesse.


Jeanne
Le
Bolloch !
A toi nous pardonnerons, car ton chapelet indulgencié, tu l'avais toujours dans ton tablier.
Dans la poche de ton tablier il était, mais pour ce qui est de
Tregoat, celui-là,
Jeanne, ira en enfer.


A
Tregoat, pardonnez la même chose, dit
Jeanne
Le
Bolloch, car il ne savait pas mal faire et plus coupable que lui je suis.


S'il ne savait pas mal faire, c'est faute d'avoir écouté son recteur, lui fut-il répondu.
Je suis l'ange, je suis l'ange, qui préside au pied du
Seigneur.
Ainsi soit-il ! »



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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