Faubourgs de L'Enfer, Max Jacob
Poèmes

Faubourgs de L'Enfer

par Max Jacob

Max Jacob

Quand on approchait de
Roquefort

à plusieurs kilomètres,

le fromage comme hareng saur

puait par les fenêtres

Souhaitons le cœur

du
Seigneur

N'attendons pas le dernier saut

il pourrait nous en coûter chaud :

Opérés sans être endormis

les doigts de pied qui saignent

le bain si chaud qu'on est bouilli !

L'odeur de caoutchouc brûlé

c'est de la chair humaine ;

les cheveux quand c'est enflammé

fument comme la laine

Fenêtres gothiques, hippocampes !

dans l'arbre et la nuit : quatre lampes !

la première était le copal

qui brûle au feu d'un piédestal

gardez le silence des carmes

gardez l'élan dans les larmes

la deuxième était la litharge

c'est l'outil de science et la marge.

Chantez avec les communiants

sous les charpentes du couvent

la troisième est chevalerie

je reconnais mes armoiries.

Portez et transportez la tulipe

que rien n'efface et ne dissipe

la quatrième est gloire à
Dieu

pour terre et ciel un seul essieu

il fait bien nuit ! j'ai la prière

le contenu du dictionnaire.

Et maintenant qui me verra

en peau de rat ou de verrat ?

Fenêtres gothiques, hippocampes

que ma tête en
Dieu se détrempe.

Oraison ! tétanos intime

gardez la sainte
Hostie dans la poitrine

comme un coureur un numéro

on m'accroche un duvet de cygne

le pied sur un oratorio

et le cœur en première ligne.



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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