Eve de la Nuit, Georges Emmanuel Clancier
Poèmes

Eve de la Nuit

par Georges Emmanuel Clancier

De sa noire présence ont jailli des fleurs
Qui se pressaient et se tordaient le soir
Pour faire crouler sur les foules du cœur
Le dernier temple aimé de la nuit douce.

Ses mains ont dessiné des révoltes ailées.
Des mondes chauds parmi les terres écartelées,
Un être où les étoiles éclataient, montaient,
Naissances des profondeurs perdues.

Les noms rêvaient, les noms pleuraient au-dessus de ses

lèvres
Comme autant de sources magiciennes d'un dieu.
Une vraie larme, une larme d'enfant, une prière
Attendait le miracle des épaves de
Dieu.

Elle était balancée, à peine, avec une ombre et une

plainte.
Du temps à la promesse étonnée de la mort.
Elle allait de sa buée à sa présence à l'avenir
Des plantes éteintes folles qui tournaient.

Quelle ville où se plaignent les vents
Me supplie et se balance étrange ?
Vaste désert accordé au cri...
Et de silence pourtant y luit
Cette pierre qui s'ouvrait aux anges.

Des colonnes y glissent, au sillage de menace.
Et des êtres qui guettent cachés de mains fragiles
Tournent par troupeaux le soir au-dessus de la ville.

Les colonnes sont vides.
On voit battre leur trace.

On voit trembler le cœur des foules amoureuses
En la cité de transparence, en cette source.

Et se relève, feuillage délivré,

Le cortège charnel et blond des amazones.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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