Poèmes

EAU DOUCE

par Martineau Philippe

Amour

Le lac était nocturne et la rive lointaine,
et ma présence ici ne pouvait qu’intriguer,
entre la lune d’eau qui dérivait à peine
et le songe diffus des saules fatigués.

Une ondine soudain se sentit attouchée :
ma paume était coupable et sa nuque complice.
La réponse à son cri fut celle des rochers
et le trouble des eaux témoigna du délice.

Mais le jour aussitôt la rendit transparente
et – quoiqu’elle fût ceinte – aussi lâche qu’un pleur ;
et ce qui reste d’elle est une eau différente,
un sillage sans cygne et un sang sans couleur.

Extrait de: 
POEMES TRADUITS DU SILENCE (http://enmotdiese.free.fr/a_auteurs.htm#martineau_traduitsdusilence)

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