Poèmes

Caravansérail

par Jean Orizet

Il avait tellement plu sur Acre qu'entre les arcades de ce caravansérail, l'eau s'était installée, chassant bêtes et hommes.

Un charroi se présenta à l'une des portes, charretier debout, faisant claquer son fouet pour encourager le cheval à traverser, d'un seul élan, l'esplanade noyée. De la
rotation des roues, jaillissaient des gerbes Uquides qui provoquaient, à leur tour, l'hilarité du conducteur.

Parvenue de l'autre côté, la charrette continua vers la forteresse, pour y livrer son chargement: fruits et légumes frais qui, peut-être, sauraient atténuer le scorbut
et la dysenterie dont souffraient les chevaliers d'Occident venus déUvrer le Saint-Sépulcre.

Bien trempées les épées ; solides les hauberts ; mais Templiers, HospitaUers et Teutoniques, derrière leurs fortes murailles, sentaient leurs dents se déchausser, leurs
ventres se vider, ad majorent Dei gloriam.

Là-bas, dans Jérusalem, Saladin, sultan d'Egypte, attendait la venue des preux en suçant, distraitement, un citron.


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