Bruges, Jean Orizet
Poèmes

Bruges

par Jean Orizet

L'eau se meurt en taches brunes sur les canaux de Bruges, mains de vieillards engourdies.

Derniers défenseurs des béguines baignées de pâles jonquilles, les cygnes belliqueux, toutes plumes dehors, attaquent les canots laqués des touristes, réincarnant
dans leurs cris rauques, l'alarme des guetteurs aux créneaux du beffroi, quand les brigands s'avançaient vers la ville. La brume tinte au carillon, poussant des ombres frileuses, par
la voussure des ponts, à l'abri des petites fenêtres.

Doucement s'étiole, dans sa langueur dominicale, la puissance des vieilles cités marchandes qui accrochaient aux ciselures des pignons un faste né du drap ou du grain. Carrioles
et cochers s'ensablent dans le crépuscule jusqu'à la nuit — fade silence.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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