Boucles, Max Jacob
Poèmes

Boucles

par Max Jacob

Max Jacob

Vous savez combien la
Rue
Royale est encombrée de voitures !
Ce jour-làj'étais exténué.
Oh ! pardon !com-ment ai-je pu me tromper à ce point, c'était un carrosse, il était trop grand pour une petite dame.
Elle, en travesti tailleur mi-sportif, mi-Louis
XV (à cause des talons).
Je reconnais immédiatement une courtisane à sa laideur, à sa hauteur, à deux dents.
Le cocher toucha une magnifique paire de chevaux mecklembourgeois : nous étions arrivés.
Non certes pas encore, je dois parler d'un soldat immonde qui se tenait à la portière.
Franchement elle pourrait bien payer un complet à son amant de cœur.
Une autre fois je la rencontrai, je ne sais où dans une autre voiture avec le même homme mais démobilisé, la physionomie était assez plate.
Comment me trouvais-je à cette table ? on m'offre des conserves, non il n'y en a plus, on me propose de peindre extérieurement le carrosse.
Je fais observer que mon genre de peinture n'est pas la peinture en bâtiment, fut-ce en voiture.
Discussion.
Roses roses, ce n'est pas difficile à faire, il y en a une de fanée.
Je raconte ma vie : le collégien, la manière dont j'ai choisi une École d'administration le soir de la distribution de prix et la façon dont je l'ai quittée.
Ce ne fut qu'à la fin de mon récit que je m'en aperçus : la dame n'était plus en travesti et n'avait jamais été laide.
Sa famille n'est pas celle d'une courtisane : elle est une des sept paires-ses de
France.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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