Poèmes

Monsieur le Poète Untel

par Léo Ferré

Il souffle dans sa veine un vent de chlorophylle
Un printemps vigoureux qui pétale d'idées
Et sa bouche en corolle est une fleur de style
Qui se fane en baisant la pâle renommée

Il germe dans sa couche une plante insensible
Qui s'étanche à son crâne ainsi qu'au robinet
C'est l'arbre de raison qui grille ses fusibles
Et qui lui donne envie d'aller tout dégueuler

Le poète a sa croix comme chacun le pense
D'abord celle d'aimer puis celle de la panse
Il arrive parfois qu'il puisse conjuguer

Mais l'inquiétude alors lui mange la genèse
Lui ronge la syntaxe et lui prend l'alphabet
Il se meurt doucement d'Académie française



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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