Poèmes

Tristesse de Paris

par Léo Ferré

Tristesse de
Paris aux
Seines rédemptrices
Je sens les quais gémir sous le hachoir du temps Ça dégouline rouge sang dans mes supplices
Moi noctambule affreux vivant à bout portant

Mes amours détrempés dans le ruisseau des villes
Se souviennent de moi et crient aux alentours : «
Amateurs langoureux de peintures idylles
Le sang qui fait mon rouge est du sang des faubourgs »

Tignasse de la nuit des
Dalilas du square
Je taille mes envies dans des hôtels taudis
Et j'égratigne doucement dans leur mémoire
Un illustre passé en nylon de minuit

Tant de lilas en papier peint me désespèrent
Tandis que j'imagine en des jardins de rois
Les fleurs de ma tendresse apprise aux réverbères
Ces compagnons de mon ennui et de ma loi



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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