Poèmes

L'Oubli

par José-Maria de Heredia

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la
Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les
Déesses de marbre et les
Héros d'airain
Dont l'herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l'horizon marin,
Sur l'azur infini dresse sa forme noire.

La
Terre maternelle et douce aux anciens
Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux
Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La
Mer qui se lamente en pleurant les
Sirènes.



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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