La Conque, José-Maria de Heredia
Poèmes

La Conque

par José-Maria de Heredia

Par quels froids
Océans, depuis combien d'hivers, —
Qui le saura jamais,
Conque frêle et nacrée ! —
La houle, les courants et les raz de marée
T'ont-ils roulée au creux de leurs abîmes verts ?

Aujourd'hui, sous le ciel, loin des reflux amers,
Tu t'es fait un doux
Ut de l'arène dorée.
Mais ton espoir est vain.
Longue et désespérée,
En toi gémit toujours la grande voix des mers.

Mon âme est devenue une prison sonore :

Et comme en tes replis pleure et soupire encore

La plainte et le refrain de l'ancienne clameur ;

Ainsi, du plus profond de ce cœur trop plein d'Elle,
Sourde, lente, insensible et pourtant éternelle,
Gronde en moi l'orageuse et lointaine rumeur.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top