Poèmes

Écheveau Dénoué des Sosies

par Jacques Izoard

Le rouet n'appelle qu'un long fil autour d'un corps très doux.
Rêve liquide où s'enfonce le nageur glacé.
Roman bleu péri.
Accoudoir de buée.
Dévidons la laine que les femmes, les oiseaux attendent; les camions de lait roulent leurs bosses parmi les cruches qui étranglent un petit matin.
Voilà midas étouffé, voici mardi évanoui sous la pluie haute en couleurs.
J'avance de mots en mots, sans avoir trouvé l'humide clé harassée, l'horloge du poing minuscule au passage des incendies d'herbes, liasse de cheveux blonds sous le casque
arrondi, sous l'épervier qu'aucune bouche n'aime.
Souffle acéré de huit sifflets d'ivoire.
Le meurtrier blanc saisit la nuque de pierre du pendu, du carabe éperdu, de la glotte et mon déluge anime le jardin qui gonfle et devient mon urne, mon refuge.
Désormais patient comme la patience la plus nue, j'avais erré de miroir en miroir dans l'île; près des murs épais, le dormeur m'annonce qu'il va dormir en
lui-même, sans se soucier de la petite compagne de l'armoire en noyer.
Je déterre la rose que j'avale.

Les petites filles cousent

le vent léger, l'eau vive.

Sourire suffit

si le larron surgit.

Mais nulle écume

n'arrive ici.

nul train ne déchire

un tombereau de silence.

Nulle clameur n'effraie

la rose, la girouette.

Chantier blanc des ferrailles dont le vacarme éteint le cœur qui bat, l'élan.
La rouille au cri d'alerte est ma sœur très chère.
Vivra-t-elle sous ma peau comme la chaleur du sang ?
Sera-t-elle ma salive inerte comme la couleur du temps?



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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