Poèmes

Sommeil Minuscule

par Jacques Izoard

L'herbier des veines, la peau.
Déjà, le sommeil minuscule serre les doigts du voleur.
Et je sens que m'échappent tempe, langue et cœur.

La petite maison du poing je l'enfouis dans le rêve d'un autre qui chancelle.
Laitier de blanc vêtu touche l'aine obscure.
Bouche d'aube enferme une grenouille sans élan.

La langue et ses étoiles brisent la lèvre ou la peau.
J'étais voisin des voix dont on ne connaît rien. (Torpeur usée, papier.)
Langue empesée, liquide où ma douceur est vaine, où le col du cygne dénigre ma blancheur.

Mais l'acajou frileux de la bête assoupie.
Mais l'ivoire adouci de la menthe endormie.
Pille les coloris de dieu, mon enfant lymphatique.
Le dortoir protégera les corps roulés en boule, et les os vifs des poulpes.

L'eau d'argent sur la peau tire le vêtement vers toi : tu cries dans la farine.
Le bleu lutte avec le bleu.
Je n'entends que la voix d'un faucheur affublé de dentelles en guenilles.

Petite voix si mince que des grains de rouille t'appellent à l'aide.
Et c'est le chant du coq au fond d'un urinoir.
Visite un visage en papier noir de suie.

Attends que parle en toi la voix qui réveille ton sommeil de soc noir, ton corps de singe aveugle, ta momie de bois sec, ta femme efféminée, ton laitier de papier, ta toupie
amoureuse.

Aiguilles, je vous aime, fées des estafilades sous les tricots moelleux, les corps criblés de rouille, semis de taches et de clous.
Entrez en moi à satiété, verges d'or liquides, lacérez vertèbres et doigts, mettez en charpie ma langue et mes paroles.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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