Carolo Quinto Imperante, José-Maria de Heredia
Poèmes

Carolo Quinto Imperante

par José-Maria de Heredia

Celui-là peut compter parmi les grands défunts,
Car son bras a guidé la première carène
A travers l'archipel des
Jardins de la
Reine
Où la brise éternelle est faite de parfums.

Plus que les ans, la houle et ses acres embruns,

Les calmes de la mer embrasée et sereine

Et l'amour et l'effroi de l'antique sirène

Ont fait sa barbe blanche et blancs ses cheveux bruns.

Castille a triomphé par cet homme, et ses flottes
Ont sous lui complété l'empire sans pareil
Pour lequel ne pouvait se coucher le soleil ;

C'est
Bartolomé
Ruiz, prince des vieux pilotes,
Qui, sur l'écu royal qu'elle enrichit encor,
Porte une ancre de sable à la gumène d'or.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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