Apéritif, Max Jacob
Poèmes

Apéritif

par Max Jacob

Les grands spahis tout rouges
Confesseurs de diablesses
Un soir d'été à
Montrouge
M'ont conté leurs prouesses.

«
Un jour, dit l'un, le négous
Me fit cadeau d'un burnous
Et d'un grand plat de couscous.

Ses femmes qui étaient laides
Allaient à vélocipèdes. »

L'autre est pour l'autre sexe un cruel mousquetaire.

La taille d'un grenadier

L'allure d'un gabier

Les grâces d'un gondolier

Ce qu'il faut pour le gibier.

Haut dignitaire de l'adultère

Il nomme les femmes « panthères ».

Mêlons aux feuilles d'automne
Les mâles récits du désert :
La coupole des astronomes
Luit au loin dans le ciel clair.

Ils commandent deux vermouths :
Les spahis sont gastronomes
Et pour distraire le raout
Ils me parlent de
Beyrouth
Et du grand sultan
Mahmoud.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top