Andromède au Monstre, José-Maria de Heredia
Poèmes

Andromède au Monstre

par José-Maria de Heredia

La
Vierge
Céphéenne, hélas ! encor vivante,
Liée, échevelée, au roc des noirs îlots,
Se lamente en tordant avec de vains sanglots
Sa chair royale où court un frisson d'épouvante.

L'Océan monstrueux que la tempête évente
Crache à ses pieds glacés l'acre bave des flots,
Et partout elle voit, à travers ses cils clos,
Bâiller la gueule glauque, innombrable et mouvante.

Tel qu'un éclat de foudre en un ciel sans éclair,

Tout à coup, retentit un hennissement clair.

Ses yeux s'ouvrent.
L'horreur les emplit, et l'extase ;

Car elle a vu, d'un vol vertigineux et sûr,

Se cabrant sous le poids du fils de
Zeus,
Pégase

Allonger sur la mer sa grande ombre d'azur.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top