Poursuivants, Edouard Glissant
Poèmes

Poursuivants

par Edouard Glissant

Tous ceux qui vont venir avant la fin du jour
Avec l'envie de boire.

Poursuivants de toujours qui suçaient leurs ventouses,
Pendant que les étangs
Radotaient de mangeailles.

Qu'on n'a pas appelés,
Qu'on va savoir qui grouillent
Dans la pénombre où c'est pour eux.

Et qui seront pareils peut-être
A ceux qui n'osent,

Et s'en retourneront pour geindre
Avec les loups de la légende.

Ces meubles qui ne voulaient pas
Se faire à notre chambre,
A nos journées de veille,

Qui boudaient notre puits
Descendant et montant
Comme la mouche-à-viande
Qui cherche et qui se cogne.


Et le chien fauve et souple

Qui avalait si bien le lait

Quand il nous vint;

Qui l'acceptait de nous, qui paraissait

Jouer franc jeu avec nos mains.

Et qui se révéla bête des grands chemina
Et du hasard, bête à batailles,
Bête à mettre en lambeaux
Celui qui siffle gai et qui demande
Qu'on l'accompagne.

Le chien qui nous narguait,
Qui se savait plus fort,
En vertu d'une loi
Dont bleuissaient ses yeux.

Qui aimait la volaille chaude
Et tout détruire.

La bête au souffle chaud,

Bête à dents et muqueuses,

Le compagnon peut-être dans les champs

Des guêpes terrifiantes qu'il allait joindre

Ou commander.

Gardien d'on ne sait quoi
De nocturne et du sang
Contre l'humain.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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