Poèmes

Les Mendiants D'avoine

par Léo Ferré

Le poème est en moi comme une pitié sage
Qui relate l'amour d'un prochain de hasard
Mendiant de
Saint-Germain qui lorgne le corsage
Des putains du dimanche allumées au dollar

Mendiant tu branleras la bonté de onze heures
Et lui feras couler des nectars de nickel
Les messes du matin sont quelquefois meilleures
Les bonniches y vont sans doute et sans missel

Et pendant que l'hostie atteindra au pinacle
Mendiant tu leur insuffleras des désirs fous
Elles croiront jouir du
Christ au tabernacle
Et c'est toi mon jésus qui tireras le coup

Les cloches sonneront comme si c'était
Pâques
Les clients s'en iront pareils aux chevaux vieux
Que l'on voit dans
Paris traînassant leurs abaques
Chevaux pensants qui nous en foutent plein les yeux



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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