Les Anges Déménagent, Max Jacob
Poèmes

Les Anges Déménagent

par Max Jacob

Max Jacob

Voici que les anges chavirent

voici ! les anges se retirent !

comme les maladies et comme la pâleur

comme les vieilles heures.

Ils m'avaient invité chez eux

leurs tables étaient bien pourvues.

Des anges j'avais la confiance

Ils m'avaient fait leurs confidences

«
Gare si tu es infidèle !

«
Rien n'est qu'osmose ! pas d'étincelles !

«
Lorsque les anges déménagent

« qui suivrait notre escamotage ? »

Le jardin, mon jardin n'est plus qu'un solfatare

quand on arrive on trouve

les démons et les louves

les démons et les
Sicambres

les décombres.
Le jardin, mon jardin n'est plus qu'un solfatare.
Visages, vous laissez ma poitrine au catarrhe
Parfumeur, tu me laisses à mes odeurs d'été, et la crasse envahit lentement mes complets.

A vous héros du ciel comment me présenter ?

«
Non non, pas de l'odeur des fauves !

« depuis ta dernière débauche

« tu sens la bile et la colique

« comme un musée zoologique ! »

Démons, j'avais la vocation des firmaments.

J'ai recueilli des témoignages d'habitants.

Et maintenant l'enfer ?
Quand jusqu'à la ceinture

les flammes observent comme un lac de verdure

et vous ceignent de plis en terrible velours

il est trop tard ! trop tard pour implorer secours.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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