Poèmes

En relisant La Bruyère...

par Belhamissi Sadek

J’étais seul à la maison hier je relisais encore La Bruyère,
Pour ma vue reposer j’ai le livre un instant délaissé,
Ma pensée laissé suivre libre le chemin qui lui plaisait,
En un éclair la maison de ma tendre enfance, c’était hier.

Elle m’a vu naître, faire mes premiers pas, sans comprendre
Dans tous ses recoins mon âme semblait m’attendre.
Une maison vide, un voyage fantastique retrouvant mes six ans
Il faut croire que l’âme est capable de remonter le temps.

La maison d’en face était toujours là, jaune clair son mur.
Poussant la porte, j’ai vu avec cette grâce sur son visage
La gentille voisine me souvenant de sa benjamine de mon âge,
Malika, authentique poupée vivante, innocente et pure.

La douce fillette, ses frères et sœur partis, seule s’ennuyait
La permission de sa maman chez nous, accordée toujours
Nos mères telles deux sœurs, elle un ange regorgeant d’amour,
Un rayon de lumière dans ses prunelles bleues, je l’ai vue entrer

Chez nous heureuse, n’ayant pas chez elle avec qui jouer.
Gracieuse, bouche cousue, cheveux châtains longs soyeux
Le teint blanc quant au sourire j’étais un des rares à le deviner,
Un bel ange dont la seule présence me rendait si heureux.

Dans le grand hall de la maison cette jeune princesse de cœur
Je la servais, en offrande tous mes jouets pour son bonheur
Même chez maman, tiens elle est là ! le goûter commandé
Elle jouait seule, se contentait d’une présence, sans rien demander.

Et la sublime poupée repartait avec douceur comme elle était venue.
A dix ans, triste de la laisser, nous avions changé de quartier
Puis de ville et de pays, le sentiment de l’avoir abandonnée, perdue
Sans nous, la porte close de la seule maison qu’elle connaissait.

Vers quarante ans pur hasard j’ai croisé sa sœur aînée vite reconnue
Par sa beauté,traits fins pleine de cette grâce propre à certains élus
Tout comme la maman toujours vivante m’a-telle appris.«Je serai ravi
De la revoir»dis-je en poursuivant«Malika que devient-elle aussi ?»

*Malika à douze ans hélas nous a quittés*, l'ange a rejoint les cieux!
Deux ans après notre départ ! Gorge nouée, j’étais si malheureux.
Mariée, heureuse avec des enfants, ce que toujours j'avais imaginé,
-Repartie aussi pure qu’elle était venue- dis-je pour me consoler.

Ma main droite tenait quelque chose, ah, La Bruyère ses caractères !
Voyage guidé en quinze secondes, par mon âme effectué en un pas.
j'ai vu ma première maison, notre voisine souriante, sa fille Malika
puis venant pour jouer, ma mère . Pourtant tout était vide, mystère. …

Observations/histoire vraie de Malika .B.S

Belhamissi Sadek le 03.10.2017



Poème publié et mis à jour le: 03 octobre 2017

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