Le Cydnus, José-Maria de Heredia
Poèmes

Le Cydnus

par José-Maria de Heredia

Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie,
La trirème d'argent blanchit le fleuve noir
Et son sillage y laisse un parfum d'encensoir
Avec des sons de flûte et des frissons de soie.

A la proue éclatante où l'épervier s'éploie,
Hors de son dais royal se penchant pour mieux voir,
Cléopâtre debout en la splendeur du soir
Semble un grand oiseau d'or qui guette au loin sa

[proie.

Voici
Tarse, où l'attend le guerrier désarmé ;

Et la brune
Lagide ouvre dans l'air charmé

Ses bras d'ambre où la pourpre a mis des reflets roses ;

Et ses yeux n'ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d'elle, effeuillant sur l'eau sombre des roses,
Les deux
Enfants divins, le
Désir et la
Mort.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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