Poèmes

Le Bain des Nymphes

par José-Maria de Heredia

C'est un vallon sauvage abrité de l'Euxin ;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la
Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d'un pied craintif l'eau froide du bassin.

Ses compagnes, d'un bond, à l'appel du buccin,
Dans l'onde jaillissante où s'ébat leur chair blanche
Plongent, et de l'écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d'un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l'ombre
Le
Satyre !...
Son rire épouvante leurs jeux ;

Elles s'élancent.
Tel, lorsqu'un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux,
S'effarouche le vol des cygnes du
Caystre.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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