La Muse en Carte, Léo Ferré
Poèmes

La Muse en Carte

par Léo Ferré

Je suis l'Apocalypse et tire à perdre haleine
Les sons ultra-diésés d'un cornet à chanson
Je suis le
Verbe chair je suis l'huître marenne
Que l'on crève et qui verse une eau d'autre saison

Mes globule(s) en week-end dans les vieux dictionnaires
Se sont caillés en lettres feu sur mon bouquin
Je suis la rengaine du sang qui désespère
Et qui draine l'amour d'un cœur européen

Je suis l'orgue de ceux qui n'ont plus de musique
Et mes trente-deux pieds m'empêchent de marcher
Je suis l'homme sucré qui vient de
Martinique
Une canne à la main et l'autre pour pleurer

Je suis l'enfariné dans le pétrin à rire
Je suis la poésie et je me bois cul sec

Et la goulée de
Dieu que je pipe à ma lyre
M'empoumonne de rime(s) à dégueuler du bec

Je suis le paradis terrestre avec la pomme
Et vaginalement je coupe tout à cœur
Je suis l'intérêt d'août foi d'animal et d'homme Étant ventriculophagiquement d'ailleurs

Je suis le fleuve doux le mors aux dents sans brides
Qui s'en va vers
Le
Havre en couleur de chansons
Je me prends pour la
Seine et me retrouve humide
Au creux d'un lit crasseux parmi des rêves cons



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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