Connaissance du Troisième Temps, Jean Claude Renard
Poèmes

Connaissance du Troisième Temps

par Jean Claude Renard

Le dieu ténébreux. le dieu fulgurant.

le dieu en esprit, le dieu qui est
L'
Un,

le dieu immobile et le dieu mouvant

est celui qui est au-delà de
Soi.

le musicien, le silencieux

est celui qui est au-delà de l'être,

le dieu éternel, le dieu absolu

qui n'est nulle part et qui est partout

est comme un cristal insondable et blanc,

et tout est en lui. et le dieu interne,

le dieu infini dans le dieu fini.

le dieu en secret, le dieu qui me brûle

est le dieu abstrait en qui tout s'unit

au-delà du nombre et de l'unité,

est la
Face ardente, est la
Bouche pure.

et le dieu est
Force, et le dieu s'incante.

et se fait en
Soi sans cesse de
Soi

le dieu immué. le dieu retiré.

et le dieu se pense, et le dieu s'explore.

et dans le non-être il entre en amour,

il crée en soi-même un dieu déployé.

un
Mouvement d'être, une pesanteur

absente du dieu sans être hors du dieu.

et le dieu engendre un corps en mystère

qui se prend dans l'être, un grand corps natal

et formé de feu — et ce corps est
Christ,

et entre le
Christ et entre le dieu

il est de qui est à qui donne d'être,

de qui est du dieu à qui est le dieu,

de qui devient l'autre à qui est le même.

de qui devient deux à qui est en un,

et l'Esprit du dieu descend sur le
Christ,

recouvre le
Christ, traverse le
Christ,

et le
Christ est
Verbe, et le
Verbe est l'arbre

dont tout est issu, est l'arbre du centre,

le centre d'en haut, le centre d'en bas

créant comme en croix autour de soi-même,

et le
Verbe est l'Etre, est
Celui qui
Est,

est le feu vivant, est le feu cosmique,

est le feu profond qui se multiplie

au nord et au sud, à l'est et à l'ouest.

et qui fait du dieu et qui fait de soi

se ramifier de triples figures,

se stratilïer de fleuves en fleuves

comme des gels d'or et des fleurs de gypse

des corps intensifs, des corps lumineux,

des corps musicaux qui sont des corps d'âme,

des corps dans l'esprit, des âmes en noces

et prises en
Christ, et nouées dans l'être.

et toutes chargées des courants du dieu,

et l'Esprit les couvre — et à travers elles

et les reflétant et créés du
Verbe

procèdent plus bas des anges brûlants,

des anges de mer, des anges d'oiseaux

plus lourds, plus nombreux, déjà moins solaires,

des anges de vents, des corps translucides,

des êtres fondus dans les feuilles d'air.

et naissent des corps qui n'ont pas de chair,

des corps de couleurs et des corps fluides.

des corps aimantés, des êtres de lunes.

et tous ont racine au centre de
Christ

et tous tirent sang de l'Esprit du dieu

et tous sont unis dans l'unité d'être,

dans la pureté des premières eaux.

sont chacun hantés d'un feu singulier,

ont chacun leurs voies, ont chacun leurs œuvres.

sont chacun ici. en eux, et ailleurs

les corps différents d'un unique corps,

et tous ont un nombre, et tous ont un nom

qui a le pouvoir d'ordonner dans l'être,

de mettre en amour, de mettre en genèse

comme il faut que soit ce qui est écrit.

comme il faut que soient le corps spirituel.

le corps.sidéral, le corps organique

pour que tout réponde au
Plain-Chanl du dieu

et que soit comblé tout ce qui doit être,

— et le dieu qui scelle, et le dieu qui ouvre,

et le dieu qui sait que tout est lié

dans le corps vivant, dans le
Corps du dieu,

fait se hasarder l'écart corruptible

de ce qui peut être ou peut n'être pas

entre ce qui est et ce qui doit être.

pour que tout soit libre et soit responsable,

et que tout esprit des sphères du
Christ,

des sphères de l'âme et des sphères d'anges.

des sphères d'Adam, du monde de l'Homme

puisse devenir ce qu'il faut qu'il soit,

pour que chaque corps s'en aille à soi-même,

aille comme il veut où il doit aller

et que cependant tout aille vers
Dieu,

et l'Esprit ruisselle, et sa pointe exacte

perce le
Cosmos, exprime du
Verbe

un troisième amour, et le
Verbe s'ouvre,

et le
Verbe étend dans le mouvement

la
Parole d'Est, active, transmue

l'être intérieur, l'être encor natal.

l'inspire à l'ccorce. au corps magnétique,

à la chair subtile et vive du feu,

et le mouvement se change en
Substance,

et l'être sécrète autour de soi-même

comme un givre igné, comme des oranges

de gemmes, de sels et de stalactites

des corps flamboyants, des corps d'air et d'eau

et des galaxies et des corps de terre.

et de l'un à l'autre et de cercle en cercle

et se déroulant comme des spirales

dans les profondeurs et dans les hauteurs

et dans les largeurs du centre où est
Christ,

les temps déversés avec les espaces

déposent leurs plis et leurs sédiments,

— et tout était pur dans les jours anciens

avant qu'un de ceux qui portent le
Feu

n'entrât en
Magic, n'eût en sortilèges

tenté d'être un dieu étranger au dieu,

un dieu de refus, un dieu de violence,

n'eût rompu l'Œuf blanc, n'eût obstrué l'Ame,

ne se fût fermé au flux de l'Esprit,

n'eût en épousant sa propre épaisseur

enfanté le
Mal, enfanté le froid,

enfanté au sud des races d'absence,

des dieux de métaux et de mégalithes,

n'eût transmis la mort au
Corps primordial,

ne l'eût divisé, n'y eût séparé

l'Ame de l'Esprit, la
Femme de l'Homme,

ne les eût plongés dans la chair charnelle,

n'eût perpétué dans le sang terrestre

le double malheur de n'être d'ici

ni d'être d'ailleurs, de mourir vivant

et de vivre mort, et d'être coupable

et d'être innocent d'une race morte

qui renaît toujours. — le double mystère

d'être en aventure et d'être en science

et d'être le pôle et l'intersection

et l'unique nœud du corps où s'insère

ce qui est du dieu, ce qui est du monde,

et d'avoir partout le pouvoir terrible

d'être dans le
Christ ou d'être hors du
Christ,

de n'avoir jamais que le seul pouvoir

d'être avec le
Christ ou contre le
Christ,

et le nom du
Mal, le nom de la mort,

le nom de cela qui meurt à l'Esprit,

qui retient la
Terre et qui retient l'Homme

d'y être en amour, d'y mûrir la mer,

d'être une âme-Christ et d'être un corps-Christ,

est dans le
Cosmos comme une irruption

où tout prolifère, où tout s'obscurcit.

où tout peu à peu s'éloigne du centre,

s'éloigne du feu, s'altère, se glace

et se pétrifie, — où l'Ame anccstrale

en se projetant dans des corps de chair

se métamorphose et se multiplie.

où les os amers, la chair souterraine,

le sang maléfique engendrent un monde

qui porte avec lui sa foudre et sa cendre,

engendrent des corps qui n'ont pas d'Etoiles,

des corps sans ailleurs, des corps solitaires.

des corps qui tuent l'âme, attirent les larves,

ont l'odeur du froid, ne sont sur la
Terre

que des corps de trop, que des corps absents,

que des corps de vide où le
Christ est mort.

des corps sans rivière et sans oxygène

qui ne seront rien n'ayant rien été,

et tout un déluge autour de la mer

immerge le monde, éteint les forêts

de soleils, d'oiseaux et de nébuleuses,

et les astres morts sont des âmes mortes

qui saturent l'Or, qui usent la
Terre.

et comme son signe est un signe d'homme.

un signe de feu et un signe d'eau

la
Terre est en mal dans le mal de l'homme,

la
Terre est en joie dans la joie de l'homme

et la
Terre est l'homme et l'homme est la
Terre,

et le
Dieu de
Vie lui donna la
Loi :

mais la
Loi mourut dans la chair de l'homme,

moururent les rois, moururent les mages,

et le
Verbe entra dans le corps du
Christ,

dans le corps vivant et dans la chair morte,

lui donna l'amour, lui donna le
Sang :

mais l'amour est mort dans l'âme des hommes

qui sont sous la mer, qui ne savent pas

que les jours du
Christ sont les jours du monde,

et la mer est noire, et les saints sont morts,

mais l'Esprit viendra, mais l'Esprit qui vient

et qui organise et qui fait germer

et qui maintient tout dans l'être cosmique,

qui traverse tout, qui habite tout.

qui plante partout la vigne de dieu.

la vigne de feu. la vigne de
Science,

l'Esprit du matin et l'Esprit du soir

ouvre maintenant la tête de l'homme,

la tête emmurée, la tête dormeuse,

la chair sans mémoire, — et l'homme est la
Pierre

et l'homme est la
Plante et l'homme est d'Oiseaux

et l'homme est la
Femme et l'homme est à l'Homme

dans l'éclatement de la
Connaissance.

et dans la marée de ses corps orphiques

et de vie en vie et de mort en mort

il est en enfer et il est l'enfer

et en purgatoire et le purgatoire,

et l'homme voyage au milieu des morts

qui sont dans la
Terre et dehors la
Terre.

au centre de l'être, au milieu des astres

et s'y exorcise el s'y purifie

et sa pureté purifie la
Terre

et son ordalie y délie le
Feu,

et l'homme charnel descelle la chair

et l'opacité et l'éther de l'ovc

qui entoure l'âme, — et l'homme nocturne,

l'homme extérieur se soude à soi-même.

unit l'homme -
Christ à l'homme terrestre

et l'homme d'Ici à l'homme d'Ailleurs,

et le dieu renaît dans le corps de l'homme

et l'homme renaît dans l'Esprit du dieu

et l'homme est le
Christ et le
Chrisi est l'Ame

qu'il faut traverser pour entrer en
Dieu,

pour être
Voyant, pour que l'homme soit

le paraclétien. le nouvel
Adam,

le corps en amour et en connaissance.

et l'Esprit qui est du
Troisième
Temps.

du temps transmuant, du
Troisième
Cycle

envahit la
Terre, envahit les
Eaux,

pénètre un à un les pays stellaires.

les pays mouvants, — et quand chacun d'eux

devient dans le temps ce qu'il devait être :

un arbre vivant ou un arbre mort.

— un monde nouveau, un monde plus pur

le couvre, l'absorbe, et le magnifie.

et toute naissance est dans toute mort.

et l'élévation s'opère en esprit

et n'a pas de fin et s'approfondit

dans le corps sacré, dans le
Corps
Mystique,

et lorsque l'Esprit et lorsque le
Christ

auront incanté tous les univers.

auront traversé tout ce qui doit être

et tout assumé et tout accompli,

quand la
Loi, l'Amour et la
Connaissance

seront unifiés dans la même soif,

dans le même cri et le même feu,

quand la
Sainteté sera la
Sagesse,

et quand la
Pensée où se tient le
Dieu

et quand l'Action où se tient le
Verbe

et quand la
Science où se tient l'Esprit

se rassembleront dans le corps du monde,

quand la
Rédemption sera consommée,

remise la mort et remis le mal

et ressuscites les corps telluriques,

et quand tous ceux-là qui sont nés de l'Ame

vivront dans le dieu, et quand tous ceux-là

qui ne sont issus que des terres mortes

iront à la mort, iront au néant.

et lorsque
Satan mourra dans la mer,

mourra dans la mort pour naître à l'Esprit

et rentrer en
Dieu, — quand le
Temps viendra

de la fin des temps, le
Temps intérieur,

le
Commencement sans achèvement,

quand tout ce qui est d'ici et d'ailleurs

sera purifié, sera dans la gloire

et en communion et en unité,

et quand la
Substance obscure et pesante

sera transmuée par le
Mouvement

et le
Mouvement repris par la
Force

et que le non-être entrera dans l'Être,

rentrera en
Dieu comme un corps dans l'âme,

un corps dans l'Esprit, un corps de lumière

qui ne cessera de sonder le dieu,

de croître en amour dans le
Corps du dieu,

de croître en esprit dans l'Esprit du dieu,

— ô sur tout cela qui brûle et qui tue

et qui est encor muré dans la
Terre

et qui esl en mal et qui est en sang

et qui est un corps qui souffre et qui change

et qui est en croix sur la
Croix du
Christ

et qui entre en mort dans la mort du
Christ

et va au tombeau et va aux enfers

et reprendra vie et sera en gloire

et s'élèvera en dieu avec
Christ,

et sur la nuit morte et sur tous les
Signes

et dans le malheur et dans la colère

et l'ébranlement et la dernière heure

qu'on voit maintenant paraître sur l'homme.

l'Esprit descendra, — et l'Esprit ouvert

sur toute la mer, sur toute la mort

ouvrira le
Dieu, et le dieu ouvert,

le dieu assouvi, le dieu dans le dieu

miraculera en éternité

l'homme spirituel et l'homme fait
Verbe,

miraculera dans le
Ciel ouvert

le
Monde nouveau, la plus haute
Terre,

les
Soleils
Vivants du
Septième
Jour!



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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