Clxxxvi, Marc de Papillon de Lasphrise
Poèmes

Clxxxvi

par Marc de Papillon de Lasphrise

Si l'amour ne paraît à mes désirs constant,
Il n'en faut s'étonner.
Le monde est variable,
Toute chose ici-bas est mouvante et muable,
Tout se change et rechange en un même ' instant.

Il n'est rien qui ne soit gouverné par le vent.
Le seul vent nous disposea, et au lit nous accable;
Du vent nous recevons le beau temps désirable,
Et la fâcheuse pluie encores plus souvent.

Si doncques le vent prompt nous régit à toute heure,
Si l'on a toujours l'oeil sur sa frêle demeure,
Comme ayant biens et maux par sa légèreté

(Qui ne vient aux humains comme elle est demandée),
C'est donc folie, amis, d'espérer fermeté,
Puisque notre espérance est sur un vent fondée.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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