Chant des Mains, Jean Claude Renard
Poèmes

Chant des Mains

par Jean Claude Renard

Tant de mains lentement descendent dans l'absence pour n'être pas formées avec la femme même, n'avoir pas possédé l'épaisseur de la mer ni contenu l'enfant, le
sang, le feu, l'esprit,

tant de mains sont entrées dans le mal et la nuit pour n'avoir pas commis la noce ensorcelée, être restées sans soifs, sans chair et sans départ, ne s'être pas
vraiment ouvertes aux voyages,

tant de mains mal-aimées s'amassent sur les villes au milieu des muets et des pays du froid, tant de mains sont chargées de malheurs et de morts, mains noires, mains fermées,
mains tellement désertes,

ô tant de mains sur nous pèsent comme un sommeil, et sont là sur la bouche et retiennent le cri et brûlent dans le corps la pureté cruelle et troublent le secret des
races de la joie.

toutes ces mains d'ailleurs qui n'ont plus de pitié, qui n'ont plus de pardon, qui sont des mains amères, des mains masquées, des mains étranges et sauvages où les pays
profonds agonisent et souffrent,

ce sont ces mains coupées qui remuent dans la terre qu'il faut encor tuer pour retrouver l'amour.

pour inventer des mains lumineuses et vraies qui soient cela qui prend et qui crée et qui donne,

des mains d'homme, des mains exactes et vivantes, des mains qui soient aussi faites pour la prière, mains nues, mains éclatées pour des pays nouveaux, de grandes mains
gonflées d'arbres et de légendes...



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top