Poèmes

Aux Petites Heures - Sonnet

par Alain Bosquet

Alain Bosquet

L'asphalte est mou.
Un taxi rampe en soupirant.
La ville bout dans ses crachats.
Sur le trottoir une prostituée dépèce un vieux cadavre : si c'était elle-même ?
On ne s'arrête plus

au feu rouge : la rue mène droit au suicide.
Dans le rétroviseur on découvre un rictus qui dit l'horreur de soi.
Tous les pneus sont crevés
Le capot cède sous le poids de quelle angoisse ?

Les gratte-ciel sentent l'alcool trois fois vomi.
Pour un pourboire on peut écraser un passant car aucun d'eux n'ose porter son vrai visage

dans cette nuit qui tousse.
Au matin, le chauffeur essuie sur la banquette - un seul kleenex suffit -une tache d'espoir, de sang brun et de sperme.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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