À Sextius, José-Maria de Heredia
Poèmes

À Sextius

par José-Maria de Heredia

Le ciel est clair.
La barque a glissé sur les sables.
Les vergers sont fleuris et le givre argentin
N'irise plus les prés au soleil du matin.
Les bœufs et le bouvier désertent les étables.

Tout renaît.
Mais la
Mort et ses funèbres fables
Nous pressent ; et, pour toi, seul le jour est certain
Où les dés renversés en un libre festin
Ne t'assigneront plus la royauté des tables.

La vie, ô
Sextius, est brève.
Hâtons-nous

De vivre.
Déjà l'âge a rompu nos genoux.

Il n'est pas de printemps au froid pays des
Ombres

Viens donc.
Les bois sont verts, et voici la saison
D'immoler à
Faunus, en ses retraites sombres,
Un bouc noir ou l'agnelle à la blanche toison.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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