Poèmes

Village

par Raymond Queneau

Accroupis aux accents des palabres vétustés

les promeneurs se reposent après l'ennui

le garde champêtre aime une fillette

que guettent les satyres écorchant les bois

le chrétien croit l'hypothèse croit

et les funambules appliqués croassent

les geôliers préparent les cordons

du travail excusé par la foi dans le père

d'une table ébauchée en sucre ou en cristal

un canard abolit le pied municipal

fier d'être vaincu le boucher mange et pleure

les radis roses rôdent autour du forain

la roulotte prépare aux arbres de la place

un siège pour leur ombre un voile pour leur face



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top