Poèmes

Ville Étrangère

par Raymond Queneau

Terrassé par les habitudes de maux qui tentent d'aboutir le pauvre dans sa solitude attend le moment de partir

pour des cieux des mers ou des terres où nul ne voudrait asservir l'inquiétude d'un esprit fier à la honte d'un repentir

Plaies des matinées sans travail l'hiver est fait de trahisons le long des rues lorsque l'on bâille adossé contre une maison eomme le pauvre qui travaille

à continuer les pâmoisons

de ces chaussures qui trop bâillent

et des bouches sans oraisons

Seul souvenir des temps passés un jour d'hiver qui agonise irez-vous pauvres trépassés corrompre la mer qui se brise sur les falaises échancrées ou bien glacés par
vents et brises gémir tout le long de l'année sur un malheur qui s'éternise?

L'obscurité des loups qui meurent de misère

les faubourgs sont trop loin pour la clarté des jours

L'année blanche des jours qui se sont écoulés attend avec passion une fin trop commune

le pauvre qui la suit regarde dérailler les désespoirs communs d'une plèbe importune 6 temps déjà passés n'avez-vous point failli dégager les malheurs des
peines trop communes? mais les jours se sont tus tout le long de l'année la neige des hivers termine sa ceinture et le pauvre qui suit regarde s'évanouir les espoirs unissant cette
plèbe importune

Vaisseaux indifférents qui présidez au sort des incertains bandits poursuivant la fortune transportez mes destins et ma vie importune au-delà des baisers du bonheur qui
s'endort

Londres, 1



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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