Poèmes

Tempus Fugit

par Christian Castillo

Le tic-tac oppressant chuchote
A la seconde, à la mesure, il ôte
Ce que la vie, l’involontaire suicide
Promet de plus doux, de plus acide

Des soixante pas de la ronde
Elle tombe, la minute, inlassablement
Soixante fois encore, vite ou lentement
Rien ne la retient, l’heure qui gronde

Le pas de danse des aiguilles
Régulier, jamais le même, tourbillonne
Qu’il soit long ou court, les souhaits s’abandonnent
Recouverts, des grains qui défilent

Ainsi tous les regrets se meurent
Enterrés, oubliés, dans ce vaste tombeau
Ce sablier d’argent, ce petit lamento
Qui se joue, fidèle à ses malheurs

Se balance comme un pendule
Se tourne, se retourne, et tranche d’un fer
Ces morceaux de chair, ces futures poussières
Déjà plus, tel un crépuscule

Près des vingt-quatre coups du sort
Quand cette montre, ce garrot sur nos veines
Sonnera à minuit, l’abîme des peines
Se lâchera alors, la plainte du mort.

Extrait de: 
Florilège 2017 de la SAPF

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