Poèmes

L'Arlequin

par Léo Ferré

Ô ventre maternel où pourrissant de l'ombre
J'étais un catéchisme en style ombilical
Pathétique hasard de péchés en surnombre

Aqueuse déception forgée après le bal

C'est en forgeant très tard que l'on devient poète

En chemise à carreaux je joue à
Carnaval

Tous les jours de mes mois je me fis une tête

A l'image de
Dieu... et n'ai rien inventé

Et le soir aux draps blancs plissant de goélette

Je m'en allais humant un peu d'éternité...
Ces rêves enlacés d'azur et de géhenne
Je les veux mêmement renaître de l'été

Lorsque les soleils pourpre(s) iront faire la chaîne
Et se dorer le cul au feu de ma chanson
Je leur tricoterai des pull-overs de laine

Les astres s'en iront sans rime ni raison
Déglinguant l'édifice encombré de mystère
Ce jour-là
Christ sera coiffé comme un garçon

Il se dira partout des messes adultères

Nos calices seront des pichets de bazars

Que rougiront les sangs glorieux de nos misères

Et nous verrons
Jésus faire le grand écart

Sur les tranches du ciel pelé comme une orange

Tout en fumant un calumet de trois dollars

Qu'il aura eu à
Chicago pour un bon change



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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