Poèmes

Jeunesse

par Michel Leiris

Bonne écurie de l'aube

repos des arbres qui peignent le crin des nuages

boirai-je ton grand seau d'eau fraîche

sous le soleil chargé d'épis à pleins râteaux?

Dans un théâtre de la ville

devant les habits noirs flanqués de peaux dorées

on joue ce spectacle abhorré

l'enfance du cabinet noir du pain sec et de l'eau

mais pas une larme ne perle aux cils pas un lustre ne s'illumine

De ci de là je me promène

La scie de mon regard tranche circulairement les

horizons et je me tiens debout point noir du sceptre au centre d'une ronde couronne ma vie qui se défait tel un cercle dans l'eau

L'écume me bat
Le vent me traîne
Enfant je n'aimais pas la mer

à cause de ses mains froides

de sa bouche salée

avant-goût de la mort et des faunes polaires

mais des crèches s'allumaient dans la crypte de maints cils et j'espérais maints lits de paille nacrés par maints rois mages aux bras croulant de cadeaux

Cœur parfumé comme la myrrhe où sont les bougies braisillantes de cire à la pâleur de sel qui fondait en langues patientes et ne dardait aucun serpent?


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