Jeunes Gens, Jean Cocteau
Poèmes

Jeunes Gens

par Jean Cocteau

Jean Cocteau

Jeunes gens qui savez l’époque mal aidante
Et rétive à donner
J’aime celle où Virgile appuyé sur le Dante
Interroge un damné.

L’un de rouge coiffé l’autre de feuilles vertes
Etonnent ce martyr
Car on a derrière eux laissé la porte ouverte
Et ils peuvent sortir

Je vous offre ma main mon bras et mon épaule
Eu vous les ont offerts.
Votre rôle consiste à m’oublier, mon rôle
A vous suivre aux enfers

Proches sont nos enfers sous forme d’une rue
Et les morts que j’y vois
Pour se croire vivants couvrent de leur cohue
L’appel de votre voix.

Je ne l’ignore pas ce que votre orgueil cache
Qu’il est beau d’être laid
Et de quels près fleuris une éternelle vache
Empoisonne son lait.

Votre délire oppose un refus au délire
Vous penses qu’il vaut mieux
Un fleuve d’encre ôtant le courage de lire
Rendre aveugles vos yeux.

Essayons d’imiter de Dante et ce Virgile
De composer un chant
D’ajouter un silence aux cris de notre ville
Qui meurt en accouchant.

La route est longue au bout de laquelle on est jeune.
Ne s’y perdre est un art.
Creux votre ventre un jour regrettera son jeûne
Mais il sera trop tard.

Il n’est pas au destin de réponse plus laide
Que l’a chute d’un dé.
L’ombre exige un échange et le Dante qui l’aide
Fut par Virgile aidé.



Poème publié et mis à jour le: 03 juillet 2019

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