Genealogie du Vivant, Michel Deguy
Poèmes

Genealogie du Vivant

par Michel Deguy

L'aïeul des grottes; il apprivoise les dieux; il les hospitalise : aïeul des grottes, thaumaturge : il cite les dieux à paraître dans le temple des masques; il miraculé
l'invisible.

Une fois accueillis, prétendant les servir, il les laisse périr lentement ;

il pend aux murs les dépouilles ; il en confie le soin aux cérémoniaires ;

de son côté il vaque : « il déserte les autels ».

Son dernier petit-fils : il mourut faute de pouvoir se rendormir, après dix jours et dix nuits de fuite dans un espace à chaque heure plus giboyeux en cadavres.

L'insomnie acharnée rouillait ses joues.

Il mourut les yeux brûlés, la peau rouge, les cheveux fumants ; aveugle et salé.

Sa sœur, ultime aussi, avait été une citadine fameuse par l'énormité de ses seins. Les guides la signalaient d'une étoile, et beaucoup de touristes désiraient
la visiter.

Ses prix n'étaient pas provinciaux. Pour le, demi-tarif cependant on pouvait obtenir qu'elle ouvrît la serre et parfois qu'elle tolérât qu'on caressât les plus beaux
fruits de son jardin.

Elle soulevait les cloches de soie où couvait la maturation splendide. Les jumeaux considérables oscillaient, mats, poreux, coiffés de figues. Le voyageur croyait entendre la
douce musique de ces sphères.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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