Poèmes

Frontaliers

par Jacques Réda

Bâtis pour abattre des arbres,

Tuer le porc ou broyer l'aviron,

Qui les a déroutés dès la lisière et faits lourds bûcherons

Dans la forêt d'allégorie où sont les bêtes véritables ?

Horlogers en hiver, quand la vieille âme hercynienne

Par la combe toujours humide et noire brame

Vers la neige jonchée encor de célestes lambeaux,

Quel coffre ils ont,

Défricheurs mais hantés par la maison détruite

Et, dans ce décombre nocturne, à l'abandon :

Des petits au cul nu dont les mains ne seront plus jointes

Après la soupe, et comme il faisait bon ;

Coffre d'os et de grosses bronches qui raclent

Entre la salamandre et le hibou, la hache

Vibrant dans la faille de chair du rien qui parle.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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