Contre les Parisiennes, Paul Verlaine
Poèmes

Contre les Parisiennes

par Paul Verlaine

Il faut enfin parler de la
Parisienne

Mieux que banalement
Et lui dire sans fiel que dans la chose sienne

Tout n'est pas qu'agrément.

Elle-même se dit point belle mais jolie
Et par « jolie » elle, elle entend

Quelque chose de laid platement que pallie
Un port de tête exorbitant

Et qu'émaillent des mots ressassés qu'elle vole

Aux journaux finis d'achever,
Avec, en sus, un tortillement trop frivole

Des hanches pour faire... rêver.

La chlorose est son lot et ses cuisantes suites

Et la tuberculose aussi.
Aussi la fausse couche et ses péritonites,

Aussi tous maux dans ces tons-ci...

Elle qui se prétend reine de l'élégance.
C'est d'Angleterre, deux ou trois

Ans après, qu'elle tire — et vêt d'extravagance
Ses modes, son goût et son choix.

Mais assez.
Résumer sera faire œuvre pie.

Total :
C'est fade et polisson
Et c'est bavard et c'est voleur comme une pie

Et c'est putain comme chausson.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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