Cordialités, Paul Verlaine
Poèmes

Cordialités

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Dans ce
Paris où l'on est voisin et si loin

L'un de l'autre que c'est une vraie infortune

De s'y voir, de s'y savoir tels, vu ce besoin

L'un de l'autre pourtant, qui donc vous importune " !

Et ce désir commun à nos deux âmes l'une
De l'autre et de nos esprits, mutuel pingouin
L'un de l'autre, figés sur un écueil témoin*
Par le flot qui s'oppose et la croissante brune !

Si bien qu'ils sont là, nos esprits, qu'elles, ô ces

Ames nôtres, sont là, pauvres monstres blessés,

Dans cette ombre où l'on est si près de cœur et d'âme !

Ah ! secouons enfin cette torpeur infâme,
Prouvons r que nous valons encore notre prix.
Et soyons, non plus des pingouins, des colibris !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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