Complainte de Certains Ennuis, Jules Laforgue
Poèmes

Complainte de Certains Ennuis

par Jules Laforgue

Un couchant des
Cosmogonies!
Ah! que la
Vie est quotidienne...
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie!...

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient, une fois pour

toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le
Silence,
Secouer l'exil des causeries;
Et non! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quels gâchis suresthétiques
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague?)
Un souvenir d'AMOUR, dit-elle!

Ces êtres-là sont adorables !

Je ne suis qu'un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein-Que devenir un légendaire.

Retroussant d'un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J'arrondis ma bouche et — j'exhale
Des conseils doux de
Crucifix.

Ah ! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans!
Mais où sont les
Lunes d'an tan?
Et que
Dieu n'est-il à refaire?



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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