Anoukis et Plus Tard Jeanne, Rene Char
Poèmes

Anoukis et Plus Tard Jeanne

par Rene Char

René Char

Je te découvrirai à ceux que j'aime, comme un long éclair de chaleur, aussi inexplicablement que tu t'es montrée à moi, Jeanne, quand, un matin s'astreignant à ton
dessein, tu nous menas de roc en roc jusqu'à cette fin de soi qu'on appelle un sommet. Le visage à demi masqué par ton bras replié, les doigts de ta main sollicitant ton
épaule, tu nous offris, au terme de notre ascension, une ville, les souffrances et la qualification d'un génie, la surface égarée d'un désert, et le tournant
circonspect d'un fleuve sur la rive duquel des bâtisseurs s'interrogeaient. Mais je te suis vite revenu, Faucille, car tu consumais ton offrande. Et ni le temps, ni la beauté, ni le
hasard qui débride le cceur ne pouvaient se mesurer avec toi.

J'ai ressuscité alors mon antique richesse, notre richesse à tous, et dominant ce que demain détruira, je me suis souvenu qui tu étais Anoukis I'Etreigneuse, aussi
fantastiquement que tu étais Jeanne, la sœur de mon meilleur ami, et aussi inexplicablement que tu étais l'Etrangère dans l'esprit de ce misérable carillonneur dont le
père répétait autrefois que Van Gogh était fou.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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