Poèmes

Sonnet (Ii)

par Pierre de Ronsard

Meschantes nuicts d'hyver, nuicts filles de Cocyte,
Que la Terre engendra, d'Encelade les sœurs ;
Serpentes d'Alecton et fureur des fureurs,
N'approchez de mon lict, ou bien tournez plus vite.

Que fait tant le soleil au giron d'Amphitrite ?
Leve-toy, je languis, accablé de douleurs ;
Mais ne pouvoir dormir, c'est bien de mes malheurs
Le plus grand, qui ma vie enchagrine et dépite.

Seize heures, pour le moins, je meurs les yeux ouvers,
Me tournant, me virant de droit et de travers
Sus l'un, sus l'autre flanc ! je tempeste, je crie.

Inquiet je ne puis en un heu me tenir,
J'appelle en vain le jour, et la mort je supplie,
Mais elle fait la sourde, et ne veut pas venir.

Extrait de: 
Recueil : Derniers vers (1586)



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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